> Mirko Perisic : "Le pôle doit être un carrefour de compétences"

Mirko Perisic : "Le pôle doit être un carrefour de compétences"

La semaine dernière, le Pôle Espoirs de Cesson-Sévigné était en déplacement à Vaux-en-Velin pour les Interpôles 2018. Les Bretons accrochent une 4e place prometteuse. Retour avec Mirko Perisic sur cette compétition et la bonne santé du handball breton.

Le Pôle de Cesson-Sévigné échoue à une place du podium, quel bilan tires-tu de cette compétition ?

Cela peut paraître frustrant de finir 4ème, mais nous sommes à notre place ! L’objectif était d’aller dans le dernier carré, cependant, il faut avouer que les équipes jouées en demie finale et en match 3/4 nous étaient supérieures. En terme de classement, le bilan reste positif, c’est la meilleure place jamais obtenue par le pôle de Cesson lors d’une compétition interpôle. En ce qui concerne le jeu…notre défense était très dense et très difficile à jouer, c’est en attaque que nous avons eu quelques minutes de maladresse qui nous ont couté cher !

Les deux derniers matchs se sont soldés par deux défaites assez lourdes, où se situe la Bretagne par rapport aux autres pôles ?

Les 2 défaites sont logiques au vu du match. Offensivement, nous avons manqué de maîtrise et de précision, ce qui s’est traduit par une maladresse inhabituelle (14 pertes de balle et 12 tirs ratés en demie finale, en 1ère mi-temps), impossible de gagner dans ces conditions face à une équipe plus mature et qui enchaînait la montée de balle aussi vite.

La Bretagne se situe dans la 1ère moitié du tableau, ce qui montre la qualité de notre formation : nous sommes dorénavant une petite ligue de par la taille, à nous de devenir très forts dans la qualité du jeu proposé.

Parle nous un peu de ce groupe…

Je souhaitais que le groupe fasse preuve de caractère, il l’a montré dès le 1er match face au grand-est : (menés de 4 buts nous avons gagné de 2), ainsi que tout au long de la compétition, notamment en défense.

Ce qui est sûr, c’est que les jeunes qui jouent à des niveaux de jeu senior N3 ou N2, sont ceux qui ont existé dans cette compétition, cela donne des indications pour la réflexion du parcours en pôle.

J’ai un joueur international (Mathieu Salou), qui a suivi le parcours France Cadet, aujourd’hui en France Jeune (U19) et 2 autres qui y sont postulants Alexandre Abily et Sébastien Poirot.

Une 4e place reste quand même un beau parcours, de quoi être confiant pour l’avenir ?

Paradoxalement, j’ai un peu peur pour l’avenir. J’espère que nous ne sommes pas au sommet…car nous ne pourrions que descendre !!

L’organisation des nouvelles régions amène une densité de joueurs plus matures dans les autres pôles (puisque certains pôles sont des regroupements de 3 structures), donc une présence de joueurs en dernière année plus importante. Déjà que nous n’étions pas favoris avant…cela dit, c’est une source de motivation plus importante encore : exister malgré cette difficulté, innover dans la formation, devenir meilleurs tout simplement.

La Bretagne est une terre très structurée pour la formation du joueur, comment gères-tu la relation avec les différentes structures ?

Les relations avec les clubs sont bonnes, avec les comités aussi. Le travail d’équipe que nous menons avec l’ETR amène de la complémentarité et de la qualité. Le pôle doit être un carrefour de compétences et d’innovation dans la formation des jeunes .
Cela est visible dans la relation au club de Cesson et la qualité du travail en commun que nous menons entre le pôle, le centre de formation et l’équipe pro.

Avec l’intégration des 3e, est ce que cela modifie ta façon d’encadrer le pôle ?

Progressivement. Cette année était une année de transition, car nous accueillions à nouveau des jeunes de 3ème. Je pense que ce sera à l’avenir le moment décisif : beaucoup de choses se joueront là, en terme de bases techniques mais aussi de préparation physique et de prévention.
Mais pour cela, l’accueil de l’hébergement doit être amélioré.

Tu es également entraîneur adjoint de l’Equipe de France Junior, globalement, comment vois-tu le niveau de ces Interpôles ?

Le niveau est bon et homogène, mais il n’y a pas eu de joueurs au-dessus du lot comme nous avons pu en avoir lors des générations précédentes.

La Bretagne est de plus en plus présente sur la scène internationale, est-ce pour toi un levier pour la détection et la formation du joueur breton ?

C’est surtout un objectif !! Nous voulons avoir le maximum de joueurs dans les équipes de France et en LNH. Nous sommes une terre de handball, de caractère…nous devons avoir de l’ambition !

Tu as vu le premier joueur breton entrer en Equipe de France A avec Romain Lagarde, qu’est-ce que cela évoque pour toi ?

Le début d’une longue série !!